Les journaux, la télévision, pourront raconter ce qu'ils veulent et s'enthousiasmer vainement, ce que j'ai vu de la Nuit Blanche, notre évènement artistique de la nuit dernière, m'a paru aberrant et consternant de Nullité. Il fût délicieux ce dîner trés arrosé de vin de Crête, rue Grégoire-de-la-Tour, et notre épopée parisienne a commencé comme il se doit par l'ambiance passionnée, la programmation musicale du Polly Magoo, mais d'un point de vue artistique, je n'ai rien vu qu'on puisse appeler Art; le terme ici est galvaudé. Notre-Dame, l'Hôtel-de-Ville et le Forum des Halles, Beaubourg, Le Marais et Saint Paul, la Place des Vosges, Bastille, Bercy, La Coulée Verte, Auster, les quais et l'Institut du Monde Arabe, l'île de la Cité sous la pluie, fin du périple à Châtelet vers six heures du matin... L'Architecture de ce parcours improvisé, voilà qui bien évidemment, nous a comblé de Joie, mais le véritable seul intérêt de cette tentative artistique demeurait ce Paris vivant, bruyant et soudain animé. Une merveilleuse Nuit à déambuler dans Paris, à discuter passionnément, à écûmer Paris de long en large et à prendre froid sous la pluie. Reste le nombre impressionnant, inconcevable, de personnes, d'êtres humains, d'hommes et de femmes, croisés ici et là, un peu partout, qui vivent dans la rue et qui dorment dehors. Les Restos du Coeur ont vingt ans. Dixit le Verbatim de Jacques Attali. L'Etat était infiniment heureux de se dédouaner de son rôle... La Culture recommencera lorsque le Politique sera redevenu d'actualité.